Lies, Damned Lies, and Statistics

Warren Motte

Résumé


Il est sans doute vrai que tous les romanciers mentent, car le mensonge est après tout leur marchandise première. Leurs lecteurs (c'est-à-dire, vous et moi) consomment ces mensonges de manière boulimique, et en redemandent. La plupart du temps, ces lecteurs sont conscients que les déclarations qu'ils trouvent dans un roman n'ont aucune valeur de vérité directe et immédiate dans le monde réel. Antoine Roquentin n'ira pas en prison faute d'avoir payé ses impôts ; on cherchera en vain la tombe d'Emma Bovary dans le cimetière de Yonville (trouver Yonville sur la carte est déjà toute une affaire) ; on ne verra jamais le vélo sans chaîne de Molloy monter le Tourmalet pendant le Tour de France ; la Lancia noire de l'Ambassade de France à Calcutta ne vous fera jamais une queue de poisson sur l'autoroute. Pendant le temps de leur lecture, ces lecteurs laissent de côté leur façon de juger la vérité des choses, pratiquant une suspension consentie d'incrédulité, pour parler comme Coleridge, afin d'intensifier leur expérience lectorale. Tout ceci étant, Emmanuèle Bernheim fait quelque chose de différent dans Sa femme et Stallone, quelque chose un peu au-delà du commerce de contrevérité habituel des romanciers. D'une part, elle met le mensonge au service de l'intrigue de manière décisive ; d'autre part, elle se sert des mensonges afin d'attirer notre attention sur certains aspects de la littérature et ses usages qu'elle estime primordiaux.


Mots-clés


mensonges ; vérité ; bovarysme ; collection ; statistiques

Texte intégral :

PDF (English) HTML (English)





2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
Sauf indication contraire, textes et documents disponibles sur ce site sont protégés par un contrat Creative Commons CClogo