“Tout ce que vous venez de lire est faux – ou à peu près” : mensonge, mauvaise foi et mystification dans Scherbius (et moi) d’Antoine Bello

Stéphane Pouyaud

Résumé


Scherbius (et moi), roman d’Antoine Bello paru en 2018, se présente comme les aventures des six éditions successives du récit, sous la plume d’un psychiatre, Le Verrier, de la vie de l’imposteur et escroc Scherbius, qu’il soupçonne d’être affecté d’un trouble de la personnalité multiple. À l’orée de la deuxième partie, le lecteur peut lire cette phrase : “Tout ce que vous venez de lire est faux – ou à peu près.” Ce roman sur l’imposture, qui met aux prises un sujet menteur (doté potentiellement de treize personnalités) racontant son histoire et, pour la retranscrire, un narrateur de mauvaise foi, voire menteur – à tout le moins non fiable et dépourvu d’esprit critique – met en place des dispositifs textuels qui créent une fiction elle-même menteuse. Si tout ce que nous avons lu, ou presque, est faux, quelle expérience de lecture et surtout quelle leçon de lecture en tirer ? Dans un tel cadre, les personnages ne peuvent se fier à rien, ni le lecteur, sinon à sa propre interprétation et son émancipation des cadres habituels de la lecture, auxquelles invite la fabrique même du texte.


Mots-clés


roman contemporain ; narrateur non fiable ; études de réception ; mystification

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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