Le roman noir français du XXIe siècle, espace du nouveau désordre mondial et des rapports de méfiance radicale

Stéphane Ledien

Résumé


Dans des romans noirs ambigus à l’extrême signés par des écrivains tels que DOA (Pukhtu), Antoine Chainas (Anaisthêsia, Pur), Jérôme Leroy (Le Bloc, L’ange gardien), Dominique Manotti (Bien connu des services de police, L’honorable société – coécrit avec DOA –, Or noir) et Elsa Marpeau (Black Blocs, Et ils oublieront la colère), le réalisme de la représentation se voit subverti au plus haut point. C’est avec une véhémence doublée d’une défiance confinant au nihilisme que les voix de ces romans prennent à partie la société et ses travers. En se mettant dans la peau d’activistes anarchistes (DOA & Manotti, Marpeau), de policiers misanthropes (Chainas), de mercenaires ayant perdu toute attache idéologique (DOA), ou de fascistes s’éliminant entre eux au moment de l’accession au pouvoir d’un parti inspiré du Front National (Leroy), ces textes apparaissent comme une rupture et une réinvention génériques. Témoignant entre autres du chaos de l’après-11 Septembre, des ravages de la mondialisation et des crises identitaires et migratoires, ces romans mettent fin à une certaine tradition (celle des polars politisés de Jean-Bernard Pouy, Didier Daeninckx ou encore Patrick Raynal), en ne plaçant plus leurs narrateurs et personnages dans le camp de ceux qui “agissent bien”. Au-delà d’une narration qui, quelque peu délétère, joue à cache-cache avec le bon sens moral, les récits proposent ainsi une peinture duale des rapports de méfiance entre différentes figures de pouvoir.


Mots-clés


roman noir ; conflits d’autorité ; ironie ; nihilisme ; méfiance

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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