Le récit d’enfance au prisme du génocide et de la violence extrême : le motif du “retour” vers la terre d’enfance chez Gaël Faye et Scholastique Mukasonga

Aline Lebel

Résumé


Le premier roman de Gaël Faye, Petit Pays, et les deux œuvres les plus autobiographiques de Scholastique Mukasonga, Inyenzi ou les Cafards et La femme aux pieds nus, ont en commun de faire retour par l’écriture vers l’expérience traumatique majeure de l’enfance de leurs auteurs : le génocide rwandais, et les violences ethniques qui ont ravagé l’Afrique des Grands Lacs dans le sillage de la colonisation. Pour ce faire, les deux auteurs font le choix d’un récit d’enfance plus ou moins médié par la fiction, entre roman, récit de témoignage, et autobiographie, et où le spectacle de la violence extrême est passé au prisme de la perception enfantine, relue par un narrateur devenu adulte. Au-delà d’une convergence thématique évidente, c’est donc la présence de ce même dispositif énonciatif qui a retenu notre attention. Chez les deux écrivains, le récit d’enfance est en effet marqué par une polyphonie subtile, manifeste à la fois dans la diégèse et dans la superposition des voix du personnage enfant et du narrateur adulte. Ce sont les visées à la fois heuristiques, politiques et éthiques, voire thaumaturgiques, de ce dispositif qui sont analysées et interrogées dans cet article.

Mots-clés


enfance; génocide; Rwanda; autobiographie; fiction; polyphonie

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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