Un mémorial romanesque pour l'épopée: fonctions de la référence homérique dans “Zone” de Mathias Énard

Elodie Coutier

Résumé


Le roman Zone de Mathias Énard, présenté dès la quatrième de couverture comme “une Iliade de notre temps”, interroge au fil de vingt-quatre chapitres les conditions de possibilité d’une lecture épique de l’histoire contemporaine. La référence homérique qui parcourt l’ensemble de l’œuvre est en effet à double tranchant : en convoquant l’univers épique de la célébration guerrière, elle permet également sa démythification, au contact de témoignages réels transposés dans le domaine de la fiction. Le narrateur du roman, ancien criminel de guerre, est ainsi le porteur d’une vision anti-épique de l’histoire du xxe siècle méditerranéen. Pour autant, la caractérisation violente du personnage, sa solitude et la composition morcelée de son récit suggèrent une lecture seconde du roman, à l’aune des réflexions de Florence Goyet sur le “travail épique” : si l’épopée naît d’une communauté politique, sa négation tient peut-être au triomphe contemporain de l’individualisme.

Mots-clés


Mathias Enard; anti-épopée; individualisme; réécriture; Florence Goyet

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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