″Aussi défait qu’on peut l’être par une victoire″ : métamorphoses de l'épique dans l'œuvre de Céline Minard

Cécile Chatelet

Résumé


La tradition épique fait l’objet d’un hommage comme d’un réexamen critique dans l’œuvre de Céline Minard. Depuis Le dernier monde à Faillir être flingué, en passant par Bastard battle, c’est tout à la fois le rapport de l’épopée au passé, sa structure narrative et la constitution de la communauté épique qui sont profondément transformés. Il s’agit de mettre en lumière la tension épique entre chaos et ordre social pour la dépasser, en refusant le jeu du dénouement triomphant de l’épopée, mais aussi en changeant le rapport au temps de celle-ci : les événements passés font retour et ne sont plus séparés nettement du présent. Dans ce monde où violence et libido dominandi sont les éléments décisifs d’une scène épique vouée à se répéter,  la seule communauté possible présente des alternatives politiques temporaires et fragiles. Surtout, cette communauté fonctionne à rebours de la tradition épique : ouverte et hétérogène, elle suggère que le récit des origines est toujours à réécrire, le plaçant sous le signe de la bâtardise.


Mots-clés


Minard ; roman épique ; communauté ; sociétés ; violence

Texte intégral :

PDF HTML





2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
Sauf indication contraire, textes et documents disponibles sur ce site sont protégés par un contrat Creative Commons CClogo