L'épique à la croisée des mondes

##article.abstract##

Notre propos consistera à proposer une analyse des œuvres “Histoire de la Grande Maison” de Charif Majdalani et “Zone” de Mathias Énard à la lumière de la réflexion théorique et politique du groupe d'auteurs italiens WU MING. En abordant des événements comme la Première Guerre mondiale et ses conséquences sur l'histoire du Liban, la chute de la Yougoslavie ou le conflit israélo-palestinien, ces auteurs ont en commun l'écriture de romans néo-historiques, qui nous amènent à nous poser la question de la persistance du genre épique. Se basant sur l'abolition de la distinction du réalisme classique entre la fiction et l'histoire, ils s'ancrent dans une réflexion sur l'histoire collective, politique, sociale et culturelle de la notion d'Occident telle qu'elle est conceptualisée en Europe depuis la période des Lumières. Travaillant sur la “mémoire vive” de nos communautés, ils proposent une alternative au discours traditionnel de l'histoire scientifique, en tentant de réhabiliter des points de vue de minorités oubliées dans une optique post-coloniale. Dans l'élan du retour de la narration des années 2000, ces œuvres  proposent un rétablissement du discours collectif, au moment même où des philosophes comme Giorgio Agamben décrivent l'emprise des médias sur notre représentation du réel. Elles montrent ainsi que l'épopée, située à la croisée des mondes, est encore une clé d'expression politique pour la littérature contemporaine.

##submissions.published##
2017-06-13
##section.section##
Etudes

##article.subject##

épopée; roman néo-historique; Occident; postcolonial; littérature politique