Vestiges du polar et retour du politique. Une lecture comparée de Manchette et d’Echenoz

Gaspard Turin

Résumé


Si le roman policier est un genre dans lequel tout détail fait indice, Manchette et Echenoz trouvent peut-être dans le traitement romanesque du détail leur plus forte connivence, en ce qu’ils ruinent cette règle chacun à leur manière, tout en ne l’oubliant pas. On observera le détail chez l’un et chez l’autre auteur, tout d’abord à partir de l’intertexte qui les lie, puis plus généralement autour d’une défaillance commune, générique, consistant à fournir le détail sans lui permettre de correspondance avec la grille indicielle. Une rapide analyse de Fatale de Manchette, un regard sur deux passages de Cherokee et de Au piano d’Echenoz, permettront de se convaincre des divergences progressives entre ces deux notions, imposant au détail une valeur métanarrative, et finalement politique. En ce sens, Echenoz poursuit l’œuvre politique de Manchette, en laissant au détail le soin de rappeler des valeurs de gauche qu’un discours trop frontal, idéologique, ne permet plus d’exprimer aujourd’hui aussi naturellement qu’autrefois.

Mots-clés


Manchette; Echenoz; néo-polar; indice; politique; métanarrativité

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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