“Votre correspondant est en ligne”. Circonversation et fonction Téléphone chez Hélène Cixous

Martine Boyer-Weinmann

Résumé


Pour la philosophe américaine Avital Ronell dans Telephone Book, pas d’objet plus fascinant que cet étrange convoyeur de “biophonie” dans l’espace littéraire contemporain. Tout appel lancé y attend et contractualise une “réponsabilité” éthique. Hélène Cixous et Jacques Derrida ont signé un pacte de biophonie gémellaire de quarante ans ; leur “circonversation” était marquée au sceau de l’entrelecture et d’une politique de l’écoute rapprochée des textes littéraires. Le séminaire est la scène mythique fondatrice de cet échange (comme pour Roland Barthes) où règne une parole circulante. Mais l’appel insistant suppose un écoutant électif : le titre injonctif de l’essai Insister condense le signifiant anglais de sororité (sister) et le signifié d’attention à travers le temps. Si la mort (l’ “interruption”) suspend l’immédiateté du fil téléphonique, la lettre volante, reçue ou envoyée à contretemps, est la forme substitutive et mélancolique de la résurrection, appelée parfois méditation ou “la chance littéra­ture”.

Mots-clés


Appel téléphonique; “réponsabilité”; s’entre-écouter-lire; contretemps; lettre volante

Texte intégral :

PDF HTML





2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
Sauf indication contraire, textes et documents disponibles sur ce site sont protégés par un contrat Creative Commons CClogo